L’Atlas des Utopies

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Le Monde et La Vie publient la seconde édition de leur Atlas des Utopies. L’occasion de se souvenir que l’utopie désigne à la fois un lieu qui n’existe pas (u-topie) et un “bon lieu” (eu-topie). Autrement dit, un lieu imaginaire, qui a vocation à le rester, et qui aide à penser ce qui serait désirable. C’est en cela que, loin de nous enfermer, les utopies (car elles sont nombreuses) nous ouvrent des horizons tout en nous laissant libres.

Atlas des Utopies – Edition 2017  – Rêvons-nous encore ?
200 cartes, 25 siècles d’histoire

Extrait de la “note de l’éditeur” :

“Reconnaissons-le, l’époque ne semble guère inviter à croire dans la fécondité de l’impossible. Au moment où notre capacité d’innovation atteint un rythme d’accélération jamais vu et presque impensable, on semble ne plus rencontrer que scepticisme, inquiétude et méfiance. L’imaginaire n’a plus bonne presse. On tient en suspicion les « grands récits » politiques. Éprouvés par les messianismes idéologiques du passé, angoissés par celui qui tente de leur succéder – le djihadisme selon Daech – , comment ne pas nous inquiéter de tout discours promettant l’avènement de l’homme nouveau ? Comment ne pas porter un regard défiant sur les théories qui nous annoncent l’apparition d’un joyeux transhumanisme ? La « mauvaise utopie », pour parler comme le philosophe Edgar Morin, semble avoir chassé la bonne. Pis : certaines utopies positives, comme celle d’un monde égalitaire et sans frontières, régi par un droit universel, semblent se fracasser sur de nouveaux murs.
(…) Au milieu d’une telle grisaille, plus que jamais, il faut rêver ! D’ailleurs, en quelques années, des débats neufs ont trouvé leur place. On peut citer, à titre d’exemple, le revenu universel. C’est d’abord une vieille idée – on la trouve formulée pour la première fois chez Thomas More. Mais c’est aussi une proposition qui ne cesse de revenir, et qui s’est même imposée ces dernières années dans le débat politique et économique, à gauche comme à droite, et pas seulement en France. Certes, des utopies contemporaines tomberont dès demain dans l’oubli, curiosités vite fanées. Mais d’autres deviendront la forme même de la réalité. Qu’il s’agisse de croissance verte ou d’économie du bonheur, l’imaginaire social n’est pas en panne.”

Extrait très “Imaginizing” de l’entretien avec Thierry Paquot qui conclut l’Atlas :

“Un monde sans utopies est condamné à mourir de froid. Je pense qu’il faut se réchauffer les coeurs par l’imagination qui invente des utopies et, si possible, de les expérimenter (…) Je pensais il y a longtemps [qu’il était important de “décrire un demain souhaitable”]. A présent, je ne crois plus à “l’idéal”, qui s’accorde si bien à l’idéologie de la performance, du progrès, du contrôle et qui conduit à l’humain augmenté. Peut-être devrions-nous enrichir l’universalisme au point d’en faire un “pluriversalisme” ? Cela dit, c’est extrêmement compliqué puisqu’il nous faut simultanément désoccidentaliser notre esprit et l’écologiser.”

 

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