Futurs ? La panne des imaginaires technologiques

futursDans Internet Actu, Hubert Guillaud rend longuement compte de l’ouvrage du chercheur et consultant Nicolas Nova, Futurs ? La panne des imaginaires technologiques (ed. les Moutons Electriques, 2014).

L’éditeur décrit ainsi l’ouvrage :

“La science-fiction, dans sa version littéraire ou cinématographique, a depuis longtemps alimenté les visions technologiques en mettant en scène toutes sortes d’objets « futuristes ». Voitures volantes, vaisseaux spatiaux, stations orbitales et autres robots humanoïdes ont ainsi formé l’ossature de bien des récits. Pour autant, ces artefacts emblématiques semblent absents de notre vie de tous les jours, comme si l’avenir décrit depuis une soixantaine d’années était sans cesse repoussé. Ce qui n’empêche pas certains de continuer à répéter ces mêmes mythes, comme victimes d’une panne d’imaginaire.

Doit-on se cantonner à ces visions du futur ? Des imaginaires alternatifs ne sont-ils pas en cours de construction ? Est-ce que cet avenir technologique n’est pas advenu autrement ? Cet ouvrage aborde ces différentes questions et montre comment d’autres champs que la science-fiction explorent des futurs possibles. En s’intéressant à notre rapport aux objets numériques, il montre ainsi comment artistes, designers, programmeurs ou architectes permettent un renouveau des imaginaires technologiques.”

Hubert Guillaud résume le point de départ : “Notre imaginaire du futur n’évolue plus. Il est le même que celui qu’on nous proposait il y a 60 ans.” Pourquoi ? “La raison est à chercher dans le fait que la SF s’est faite distancier par le réel, que les technologies d’aujourd’hui et de demain nous proposent déjà les extravagances de la SF d’hier.

Certes, mais l’imagination des créateurs aurait pu proposer de nouveaux mythes, de nouvelles frontières ? Apparemment non, pour deux raisons. D’une part, la technologie n’attend plus d’histoires futuristes avant d’explorer ces frontières – on pense à la citation de William Gibson, “le futur est déjà là, il n’est simplement pas très bien réparti”. D’autre part, nous assistons à une “dissolution de la modernité, de son idéologie progressiste, de la croyance dans un avenir glorieux à mesure que le fonctionnement technologique semble nous échapper à tous.” Deux constats contradictoires ? Pas si l’on prend le parti d’une multitude de futurs : « C’est pour cela qu’il n’y a plus de visions dominantes de l’avenir comme c’était le cas jusqu’à la fin du siècle passé. Bienvenue dans un imaginaire du futur polymorphe et instable », écrit Nicolas Nova.

En revanche, Hubert Guillaud prend le contre-pied de Nova lorsque celui-ci propose, comme autant d’explorations de l’avenir, les “signaux faibles” proposés par des artistes, designers et entrepreneurs d’aujourd’hui : “Le prototype, le signal faible, les projets stimulants sont commodes. Ils permettent de construire des interrogations… Mais peuvent-ils permettre de faire sens, de construire des stratégies, de lire l’avenir ? Peut-on faire sens d’une accumulation de projets marginaux ? En quoi ne nous détournent-ils pas de la compréhension du mouvement global ?

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