Imaginizing the Future?

Imaginize : To make something imagined. To become imagined. To make imaginable.
Urban dictionary

« If there is a post-Anthropocene worth living in, those who will live in it will need different stories, with no entity at the centre of the stage. »
Isabelle Stengers, Matters of Cosmopolitics: On the Provocations of Gaïa

Version française plus bas

In the past centuries, human societies have demonstrated their ability to undergo and undertake deep transformations. However, the nature, the depth and the speed of the coming transitions, especially the dual technological and ecological transitions, seem to overwhelm us. The technological “NBIC” (nano-bio-info-cogno) transition is underway, reviving the old question of whether mankind’s creations could overtake its creators. The ecological transition ought to happen, but fails to do so in a significant way; in the context of the Anthropocene, where the “environment” in no longer exterior to us, it forces us to negotiate with human and non-human “agencies” that we’re not accustomed to take for serious. We do not have the tools, nor the collective mechanisms, to deal with the anthropological dimension of these two transitions, let alone, to address the contradictions between them.

Our hypothesis is the following: The way to overcome the limitations that prevent us from thinking of, and acting strategically on our future, is by deliberately enhancing our ability to imagine it. However, we should not aim for one single “grand narrative”, nor can we just wait for a few dozen North American writers to deliver, as they did in the 1970’s, the models that will inspire the younger generations. We need multiple narratives, stories, and other creations, coming from all recesses of a multipolar world. Plus, we need these imaginary productions to enrich and enable us to:

  • Imagine very different tomorrows: i.e., Facilitate the creation, dissemination and cross-fertilization of many works of imagination that explore alternative futures related to the singular, contradictory transitions ahead of us;
  • Act in the face of radical uncertainty: i.e., Provide the intellectual and methodological tools to help complex organizations and societies act in anticipation, prevention, negotiation, urgent reaction…

Working at the crossroads between futures thinking, science and technology studies, innovation studies (be they under the lenses of management, economics, or sociology), arts and design, “Imaginizing the Future” will support the production and detection of multiple, multicultural, diverse, imaginary works on the future; However, it will not stop here:

  • It will create collaborative contexts wherein individual and collective works of imagination can be shared, discussed, circulated, but also create controversy, stimulate other ideas, evolve, fork, etc. The project will contribute to creating an international network, gathered around common digital spaces as well as shared objectives;
  • The imaginary works produced or gathered, as well as the materials that may have helped them exist (documentation, knowledge, images, etc.) will in turn become material for methodological and strategic works on the ends and paths of future transitions, to be used by public and corporate decision-makers, government agencies, or researchers, faced with a structurally uncertain and changing future.

At this early stage, “Imaginizing the Future” is an idea, a project, discussed with a lot of people but carried out by one: Daniel Kaplan. However, the goal is to share it in all possible ways: collaborations, inspirations, networking with likeminded groups and people, forks, etc.

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English version above

Alors que les siècles passés ont démontré les capacités des sociétés humaines à se transformer, nous apparaissons aujourd’hui démunis face à la nature et l’ampleur des transitions à venir, en particulier des transitions technologique et écologique. La transition technologique (numérique, neurosciences, biotechnologies) est en cours et rouvre la question de dépassement de l’Homme par ses créations. La transition écologique devrait s’engager mais ne le fait pas ; dans le contexte de l’anthropocène, elle nous rend parties intégrantes de « l’environnement », contraints de négocier avec des « puissances d’agir » auxquelles nous n’avions jamais accordé ce statut (Latour). Nous n’avons ni les outils, ni les mécanismes collectifs, capables de traiter la dimension anthropologique de ces deux transitions et encore moins, de résoudre la contradiction qui les oppose.

Nous formulons l’hypothèse que nous ne retrouverons des capacités d’agir sur l’avenir qu’en travaillant de manière délibérée et construite sur les imaginaires. Cependant, il ne peut plus s’agir de formuler un seul « grand récit » du futur, ou d’attendre que quelques créateurs californiens nous livrent, comme dans les années 1970, les modèles qui inspireront les jeunes générations. Nous avons besoin d’une multiplicité de récits et autres productions imaginaires, issues de tous les points cardinaux d’un monde devenu multipolaire. Et nous avons besoin que ces imaginaires nous outillent et nous rendent capables :

  • D’imaginer les mondes d’après : favoriser l’émergence, la dissémination et la fertilisation croisée de productions imaginaires explorant des avenirs associés à ces « transitions singulières » ;
  • D’agir en situation d’incertitude radicale : fournir des outils intellectuels et méthodologiques pour aider les organisations et les sociétés à agir en anticipation, en prévention, en négociation, en réaction…

Au croisement de la prospective, de la sociologie des sciences et techniques, des recherches (en sociologie comme en gestion) sur l’innovation radicale, du design et des arts, le projet Imaginizing the Future appuiera la production (et la détection) de travaux imaginaires sur le futur, dans un contexte nécessairement multiculturel et international, mais il ne s’en tiendra pas là :

  • Il créera des contextes aussi collectifs que possible, afin de favoriser, non seulement la multiplication « d’œuvres », mais également l’échange, la discussion, la controverse, la monstration ou la publication collectives… Le projet s’inscrira donc au sein d’un réseau international qu’il contribuera à créer, fédéré par des outils numériques ainsi que par des objectifs collectifs de production ;
  • Les productions imaginaires, ainsi que les matériaux qui les auront nourries (éléments documentaires, etc.), deviendront la matière première de travaux méthodologiques sur les fins et les chemins de transition, destinés à nourrir la recherche ainsi qu’à aider les responsables (publics et privés) à décider, voire à gouverner dans ce contexte d’incertitude.

Pour l’instant, “Imaginizing the Future”est une idée, une intention, un projet discuté avec beaucoup de gens mais portée par Daniel Kaplan. L’objectif est cependant de le partager aussi largement que possible et de toutes les manières possibles : collaborations, inspirations, mise en réseau, adaptations, évolutions, etc.

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